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Comparatif Compta

FEC : protocole de contrôle avant remise

Le bouton « Export FEC » ne prouve pas que le fichier est complet ni rapproché des comptes. Un contrôle utile combine structure, exhaustivité, cohérence comptable et conservation de la preuve d'export.

Réponse directe : validez quatre couches, pas seulement le fichier

Un FEC exploitable doit passer quatre contrôles distincts :

  1. périmètre : bon contribuable, bon exercice et bonne procédure ;
  2. structure : format, champs, encodage, dates et valeurs admises ;
  3. comptabilité : écritures complètes, équilibrées et rapprochées ;
  4. reproductibilité : export, paramètres, version et résultats conservés.

La DGFiP met à disposition Test Compta Demat pour vérifier la structure. C'est une étape utile, mais ce n'est pas une certification du contenu.

Un message « test terminé sans anomalie » ne démontre ni que toutes les écritures sont présentes, ni que le fichier correspond au grand livre, ni que les déclarations fiscales ont été rapprochées.

Quand et dans quel délai faut-il remettre le FEC ?

La réponse dépend de la procédure, et non d'un délai générique affiché par le logiciel.

ProcédureTexteMoment de remise décrit par le texte
Vérification de comptabilité sur placeLPF, L. 47 AAu début des opérations de contrôle
Examen de comptabilité à distanceLPF, L. 47 AADans les quinze jours suivant la réception de l'avis
Traitements informatiques demandés pendant le contrôleL. 47 A, selon l'option retenueDélais propres à la demande et au choix formalisé

Dire « vous aurez quinze jours » sans connaître l'avis est donc imprudent. Une entreprise doit produire et tester son FEC après chaque clôture, pendant que les personnes, paramétrages et justificatifs sont encore disponibles.

L'obligation vise les contribuables qui tiennent leur comptabilité au moyen de systèmes informatisés. La FAQ DGFiP précise plusieurs cas, dont la dispense de l'auto-entrepreneur et les modalités propres à certaines entreprises étrangères.

Ce que contient le fichier standard

L'article A. 47 A-1 du LPF définit plusieurs structures selon la catégorie de revenus et le mode de tenue. Pour une comptabilité commerciale courante, les informations attendues couvrent notamment :

  • le code et le libellé du journal ;
  • le numéro et la date de l'écriture ;
  • le numéro et le libellé du compte ;
  • les comptes auxiliaires lorsqu'ils existent ;
  • la référence et la date de la pièce ;
  • le libellé de l'écriture ;
  • le débit et le crédit, ou le montant et le sens dans les cas prévus ;
  • le lettrage et sa date lorsqu'ils existent ;
  • la date de validation ;
  • le montant et l'identifiant de devise lorsque l'opération est en devise.

Les fichiers à plat comportent une première ligne avec les noms de champs. Les séparateurs, l'encodage, les formats de date, les décimales et les valeurs vides doivent correspondre au standard applicable. La DGFiP publie aussi des schémas XSD pour les fichiers XML.

Le nombre « 18 colonnes » est un bon repère pour plusieurs structures courantes, pas une règle à appliquer sans lire la table correspondant à votre comptabilité.

Pourquoi un export techniquement valide peut rester faux

Des écritures manquent

La DGFiP indique qu'un fichier limité à des écritures mensuelles centralisées n'est pas conforme lorsque le détail est tenu dans un autre système informatisé. Le FEC doit reprendre les écritures détaillées de la comptabilité concernée, pas seulement une synthèse commode pour l'export.

La période est incomplète

Une migration, une fusion de dossiers ou un changement de logiciel peut laisser le début d'exercice dans l'ancien outil et la fin dans le nouveau. Les fichiers peuvent être remis de manière organisée selon les règles applicables, mais la continuité, les reprises de soldes et le descriptif doivent permettre de reconstituer l'exercice.

La balance n'est pas rapprochée

Un fichier peut avoir les bons champs tout en omettant un journal, en doublant une importation ou en utilisant des paramètres différents du grand livre final. Le total des débits, des crédits et les soldes par compte doivent être rapprochés des éditions clôturées.

Le fichier a été régénéré sans preuve

Après une migration ou une mise à jour, le même bouton peut produire un résultat différent. Sans conserver le fichier annuel, la version du logiciel et les paramètres, l'entreprise ne sait plus expliquer l'écart.

Protocole annuel de contrôle du FEC

1. Figer le périmètre

Notez le SIREN ou l'entité concernée, l'exercice, les établissements, la catégorie fiscale, le mode de tenue, la devise et les logiciels qui ont porté des écritures pendant la période.

2. Exporter depuis le dossier clôturé

Utilisez le dossier comptable définitif, après les écritures de clôture. Conservez la date, l'utilisateur, la version du logiciel, le menu utilisé, les options et le nom du fichier. Ne corrigez pas manuellement le fichier pour le faire passer.

3. Passer Test Compta Demat

Exécutez l'outil local de la DGFiP avec la bonne catégorie. Archivez le rapport d'anomalies, même lorsqu'il est vide. Une anomalie doit être corrigée dans le paramétrage ou la comptabilité source, puis l'export doit être régénéré.

4. Contrôler la structure indépendamment

ContrôleRésultat attendu
En-têteNoms et ordre conformes à la structure applicable
DatesValeurs valides, dans l'exercice ou justifiées pour les à-nouveaux
MontantsDébit/Crédit numériques ou Montant/Sens selon le cas
IdentifiantsJournal, écriture, compte et pièce présents selon les règles
FichierEncodage, séparateur et fin de ligne reproductibles
DescriptifCodifications internes et champs supplémentaires expliqués

5. Rapprocher avec la comptabilité

Calculez au minimum :

  • nombre de lignes et d'écritures par journal ;
  • total débit et crédit par journal et pour l'exercice ;
  • solde par compte, comparé à la balance générale ;
  • correspondance des à-nouveaux avec la clôture précédente ;
  • présence de tous les journaux attendus ;
  • absence de doublon issu d'une migration ou d'un import répété.

Un écart n'est pas nécessairement une fraude ou une erreur comptable. Il doit cependant être compris, documenté et corrigé si l'export ne correspond pas aux livres définitifs.

6. Tester des pièces de bout en bout

Sélectionnez des opérations à risque et retrouvez pour chacune :

  • la pièce originale ;
  • l'écriture et son numéro ;
  • le journal et les comptes ;
  • la TVA lorsque pertinente ;
  • le règlement et le lettrage ;
  • la présence exacte de l'écriture dans le FEC.

Échantillonnez une facture d'achat, une vente, un avoir, une immobilisation, une écriture de paie, une banque, une opération en devise et une écriture de clôture si ces cas existent.

7. Rapprocher les déclarations importantes

Comparez les bases comptables pertinentes avec les déclarations de TVA, la liasse fiscale et les autres états déposés. Le but n'est pas de refaire toute la révision, mais d'identifier un export produit depuis le mauvais dossier ou avant les dernières corrections.

8. Constituer le paquet de preuve

Conservez ensemble :

  • le FEC exact et son empreinte SHA-256 ;
  • le rapport Test Compta Demat ;
  • les totaux et rapprochements ;
  • le descriptif des codifications ;
  • la version et les paramètres d'export ;
  • la liste des écarts expliqués ;
  • le responsable et la date de validation.

Grille d'anomalies actionnables

AnomalieCause plausibleAction avant remise
Champ absent ou mal nomméMauvais format d'exportChoisir le profil FEC français et régénérer
Dates rejetéesFormat ou valeur conventionnelle non documentéeCorriger la source ou compléter le descriptif
Débit/Crédit non numériquesSéparateur ou export tableurRevenir à l'export natif sans réenregistrement manuel
Journal absentDossier incomplet ou journal externeRéunir le détail et documenter l'architecture
Totaux différents de la balanceExport ancien, filtre ou doublonRefaire depuis la clôture et rapprocher
À-nouveaux incohérentsMigration ou reprise partielleRapprocher N-1 et expliquer la reprise
Écritures mensuelles sans détailCentralisation d'un système auxiliaireExtraire les écritures détaillées attendues
Impossible de reproduire l'exportVersion ou paramètres perdusArchiver immédiatement le paquet annuel

Sanction : distinguer absence, délai et rectification

L'article 1729 D du CGI prévoit, pour le défaut de présentation selon L. 47 A, une amende de 5 000 EUR ou, si elle est plus élevée en cas de rectification, une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable. Le défaut de transmission dans les délais de l'examen à distance est également sanctionné par une amende de 5 000 EUR.

Le risque ne se limite pas à l'amende. Un fichier incomplet peut allonger les échanges, rendre les rapprochements plus difficiles et fragiliser l'explication de la comptabilité.

Tester un logiciel avant de lui confier le prochain exercice

Ne demandez pas seulement une démonstration du bouton FEC. Fournissez un petit dossier de test avec une vente, un achat, un avoir, une banque, un lettrage, une écriture en devise et une clôture. Exigez :

  1. l'export dans la structure applicable ;
  2. le passage de Test Compta Demat ;
  3. le rapprochement avec la balance produite par le même dossier ;
  4. la documentation des paramètres ;
  5. la possibilité de réexporter après migration et résiliation.

Un éditeur peut fournir un export techniquement correct ; l'entreprise et son conseil restent responsables du paramétrage, de la complétude et des écritures qui l'alimentent.

Limites de ce guide

Les structures BIC, BNC, BA, les comptabilités de trésorerie, les établissements multiples et les entreprises étrangères ne doivent pas être ramenés à un seul patron. Utilisez la table correspondante de l'article A. 47 A-1 et la doctrine DGFiP applicable.

Test Compta Demat est un validateur structurel. Il ne remplace ni la révision comptable, ni les rapprochements fiscaux, ni l'analyse d'un avis de contrôle.

Conclusion : un bon FEC est reproductible

Le meilleur indicateur n'est pas « notre logiciel sait exporter ». C'est la capacité à produire, après chaque clôture, le même fichier expliqué : structure valide, écritures complètes, totaux rapprochés, pièces retrouvables et paquet de preuve conservé.

Si ce contrôle est fait annuellement, un contrôle fiscal déclenche une remise, pas une reconstruction d'urgence.

Points clés à retenir

  • Lors d'une vérification sur place, le FEC est remis au début des opérations ; le délai de quinze jours concerne notamment l'examen de comptabilité à distance prévu par L. 47 AA.
  • Le format standard comprend généralement 18 informations, mais l'article A. 47 A-1 prévoit plusieurs structures selon la comptabilité.
  • Test Compta Demat détecte des anomalies de structure sans démontrer la complétude ou le rapprochement comptable.
  • Un FEC mensuellement centralisé n'est pas suffisant si le détail des écritures est conservé ailleurs dans un système informatisé.
  • La preuve annuelle doit conserver le fichier exact, les paramètres d'export, la version du logiciel, le rapport de test et les rapprochements.

Logiciels recommandés

Questions fréquentes

Dispose-t-on toujours de quinze jours pour remettre le FEC ?+
Non. L'article L. 47 A prévoit la remise au début des opérations lors d'une vérification de comptabilité sur place. L'article L. 47 AA prévoit un délai de quinze jours après réception de l'avis pour un examen de comptabilité à distance. Il faut donc lire l'avis reçu et identifier la procédure.
Test Compta Demat garantit-il qu'un FEC est conforme ?+
L'outil DGFiP vérifie la validité de la structure et signale certaines anomalies. Il ne prouve pas que toutes les écritures sont présentes, que les montants sont exacts ou que le fichier se rapproche des comptes et déclarations. Ces contrôles doivent être ajoutés.
Un FEC doit-il toujours comporter exactement 18 colonnes ?+
Les structures les plus courantes définies par l'article A. 47 A-1 comportent 18 informations, avec des variantes comme Montant/Sens à la place de Débit/Crédit et des structures adaptées à certaines catégories. Un champ supplémentaire peut aussi être documenté dans des cas précis. Il faut utiliser la structure applicable à l'entreprise.
Un micro-entrepreneur doit-il produire un FEC ?+
La FAQ DGFiP indique que l'auto-entrepreneur est dispensé de présenter un FEC. Le terme micro-entreprise pouvant aussi désigner un régime ou une taille dans d'autres contextes, il faut confirmer le régime fiscal réel du contribuable.